Emploi : 22 % des Français connaissent une reconversion professionnelle

groupe de 4 professionnels différents
Entre 2010 et 2015, 22 % des personnes en emploi âgées de 20 à 50 ans ont changé de métier. Mais parmi elles, seules 13 % affirment le faire par choix.
Une étude du ministère du Travail qui vient d’être publiée décrypte les ressorts de la mobilité professionnelle en France. Elle indique que 22 % des personnes âgées de 20 à 50 ans en emploi en 2010 ont changé de métier dans les 5 ans qui ont suivi (entre 2010 et 2015) et que près d’un cinquième ont même changé de domaine professionnel.
 
Les jeunes changent deux fois plus de métier
 
33 % des 20-29 ans ont changé de métier durant cette période contre seulement 16 % des 40-50 ans. Cette plus forte mobilité peut être la conséquence d’un début de carrière déclassé, ces jeunes s’insérant dans le marché du travail avec un métier en dessous de leur niveau de qualification. D’ailleurs, le diplôme détenu a une incidence : en moyenne, 24 % des titulaires d’un bac ou d’un bac + 2 connaissent une mobilité professionnelle contre 20 % n’ayant pas de diplôme, un CAP ou un BEP. Par ailleurs, les mouvements sont plus fréquents chez les actifs avec un contrat de travail précaire : 28 % des personnes en CDD ou en intérim ont changé de métier entre 2010 et 2015.
 
Electricité-électronique et artisanat : une mobilité plus fréquente
 
3 personnes sur 10 issues des domaines d’activité de l’électricité-électronique et de l’artisanat ont changé de métier voire de domaine professionnel durant cette période. C’est la proportion de mobilité la plus élevée relevée par l’étude, ses auteurs l’attribuent à des compétences transférables dans de nombreux autres métiers. Pour exemple, 10 % des actifs en emploi ont rejoint le domaine de la maintenance, 6 % le BTP, 5 % la mécanique et le travail des métaux. Parmi les employés travaillant dans l’artisanat en 2010, près d’un tiers a quitté ce domaine pour les services aux particuliers, et aux collectivités, le commerce et les industries de process. Là encore, les compétences transverses ont joué.
 
Stabilité chez les ingénieurs et cadres de l’industrie
 
Ces postes très qualifiés restent très attractifs et connaissent peu de mouvements. En général, les salariés ont une situation stable en contrat à durée indéterminée, de plus ils se forment beaucoup pour rester compétitifs sur le marché du travail. Alors même si 26 % des ingénieurs et cadres de l’industrie sont partis pour évoluer vers des domaines proches comme la gestion et l’administration des entreprises ou le commerce, cela ne créé pas de déficit de compétences puisque le secteur attire 39 % de nouveaux arrivants.
 
Statut quo dans les métiers à accès règlementé
 
Sans surprise, il y a beaucoup moins de mobilité parmi les titulaires d’un contrat à durée indéterminée et les fonctionnaires. L’enseignement, la formation ou encore la santé connaissent une mobilité très limitée due notamment à des modalités d’accès règlementées par des diplômes et des concours. Dans la banque-assurance, ce sont surtout des mobilités internes qui ont lieu. Dans l’agriculture, la marine et la pêche, seuls 12 % des actifs en emploi ont changé de domaine dans cet intervalle de 5 ans.

Odile Gnanaprégassame, novembre 2018 – odilegnanapregassame@cidj.com

 

Mardi, 20 Novembre, 2018